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Et j’ai trié !

sans honte ni orgueil

Et j’ai trié !

Lorsqu’on écrit depuis des décades et même si le numérique s’est souvent substitué au papier, les feuilles s’entassent… On dirait des feuilles mortes dans des dossiers…

Maintenant que je vieillis, je me dis qu’il y a des écrits que je n’aimerais guère laisser après moi. Non pas tant qu’ils seraient pour le moins compromettants ou indignes mais simplement ridicules.
Le premier des ridicules étant la mièvrerie, le second la maladresse crasse, le troisième qui va souvent avec les premiers, la facilité, l’abus de lieux communs…
La médiocrité.

J’ai donc trié le papier ce matin, il faudra que je m’attaque ensuite au numérique.
Quatre tas :
– le premier avec les textes qui surnagent un peu. Des pages dont je n’ai pas honte à défaut d’être vraiment fier.
– le deuxième est fait de textes où parfois une strophe, un vers, une métaphore ou une allitération parvient à émerger…
– le troisième avec des textes emprunts de maladresse mais qui sont autant de petits cailloux pour la mémoire. Je me souviens du moment où j’ai pu les écrire, les dire ou les chanter. Cela renvoie à l’histoire personnelle, intime ou familiale…
Il faudrait être beaucoup plus sévère avec ce paquet, qui est le plus gros.

Il y a une vraie question que tout auteur ou prétendu tel, que tout artiste ou prétendu tel devrait se poser : ce que j’invente, si cela me fait plaisir, c’est une chose, si cela « fait plaisir » à autrui, c’en est une autre ; mais cela apporte-t-il du nouveau, une surprise, une émotion imprévue ouvrant pour celui qui s’y confrontera un espace inconnu en lui-même qui ne vienne pas seulement flatter le convenu ?

Est-ce que c’est créatif, inventif et subversif ? Est-ce que cela peut dépasser l’époque ?

Soit. j’en conviens, les ondes et les librairies seraient bien allégées si chacun triait un peu ce qu’il produit… [et ajoutons qu’il n’est pas toujours aisé de repérer les diamants qui subsistent dans toute cette superproduction de merde dont les marchands nous abreuvent…]

Revenons à mon tri et mes tas :

– le quatrième, c’est plus méchant (comme le chanterait Brassens) puisque c’est la poubelle.
Soit parce que ce n’est que torchon, soit parce que cela renvoie à un épisode assez triste de mon histoire pour que je m’en délivre. Soit parce que cela n’a pas d’intérêt.

Et il faudra poursuivre !
Trier, élaguer, éliminer et peut-être ne restera-t-il qu’un seul texte, qu’une seule poésie, une seule chanson, un seul vers…

Ou peut-être rien du tout.

Plus j’avance en âge, plus j’aspire à me débarrasser de ces écrits mais aussi des objets qui encombrent ma vie.
Il ne reste que les livres dont je peinerais encore à me séparer mais je sens que j’y parviendrai si j’en ai le courage…

Concernant ce que j’ai commis, l’ennui c’est que j’ai beaucoup semé un peu partout. Je tombe régulièrement dans la maison ou sur Internet, sur des écrits, des textes, des chansons que j’ai pu produire dans des domaines divers un peu partout… Il y a même des écrits que je redécouvre et que j’avais complètement oubliés… et pas forcément les plus mauvais !


Ici même sur ce site, il y aurait beaucoup à éliminer… et je dois être ce jury implacable !


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