En attendant le 19 mai

Pourquoi le 19 mai ?

En attendant le 19 mai, jour de la prochaine étape du déconfinement progressif, je me suis demandé, tiens pourquoi le 19 ?
Je veux dire pourquoi le 19 et pas le 20 ou le 17 ?

En attendant le 19, je suis allé regarder sur Wikipédia :

Le est le 139e jour de l’année du calendrier grégorien, le 140e en cas d’année bissextile. Il reste 226 jours avant la fin de l’année.
C’était généralement le 30e et dernier jour du mois de floréal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la houlette.

Comme j’aime la chanson, la chanson traditionnelle, un vieux refrain m’est revenu. Le regretté Lionel Rocheman chantait “N’oubliez pas, votre houlette Nanette, quand vous irez au bois”… ” le berger dont vous faites choix est trop libertin sur l’herbette”... Je n’ai pas trouvé son aimable version sur Internet. Il faudra que je l’enregistre…

Je n’ai trouvé que cette variante avec une toute autre mélodie.

Tout cela ne nous dit pas pourquoi précisément le 19…

De bien meilleurs chiffres !

Nous voici priés en attendant d’être rassurés par une évolution fort favorable des chiffres. Nous n’allons pas chouiner même si certains spécialistes trouvent notre “seuil” bien “souple” au regard de nombre de nos voisins…

Je suis un égoïste

Il parait que je suis un égoïste parce que je vais me faire vacciner le 18.
Notez que ce sera en pharmacie, que je ne déroge à aucune règle, ne dispose d’aucun passe-droit et que j’attendais depuis des semaines sur plusieurs plate-formes… mais dans un renversement désormais coutumier, c’est sur Twitter qu’on est venu me dire ça…

Car la nouvelle théorie c’est que la contagion vient des vaccinés ! Et même les variants !

J’ai eu aussi une jolie discussion avec une dame qui refuse que son grand dadais de lycéen ne soit testé car elle y voit une atteinte aux libertés. Comme j’éprouvais quelques difficultés à comprendre en quoi protéger les autres pouvait léser la liberté individuelle, la conversation dériva sur les masques. Et c’est bien vrai ma pauvre dame, je le clame depuis des lustres, porter un masque dans ma rue déserte ou au bord de la plage quand on est seul reste assez idiot. Mais se tester pour protéger les copains et la propagation… ben comment dire ? J’ai tenté d’évoquer d’autres types de transmissions infectieuses… non, non… “pas touche à mon petit “

Donc je me ferai vacciner. A peu près sans crainte, pas plus que pour un autre vaccin, tout en sachant que ce sera une protection relative et qu’il faudra continuer d’être précautionneux, tout en étant attentif encore aux uns et aux autres.

J’ai toujours dit aussi que s’il m’arrivait malheur je refuse toute réanimation, place aux jeunes et à la préservation du budget de la Sécurité sociale ! (J’adore la vie merci… ).

La foule sur le sentier côtier

Nous ne sommes pas restés longtemps sur le sentier côtier, il y avait foule. Des gens, joyeux, ça faisait plaisir, démasqués la plupart, pourquoi pas… mais plusieurs groupes de plus de six personnes… et déjà des regroupements, on se colle, on s’agglutine, on fait comme si rien ne s’était passé… la résilience a-t-elle besoin d’amnésie ?

En attendant le 19, je crains déjà le confinement de septembre…

Vivre en terre sauvage et lointaine ?

Je me demande donc si je nous n’allons pas faire le choix bientôt d’une petite colline bien isolée, tranquille, loin de la foule où les prochains confinements et autres épidémies seront supportables.

J’avais pensé aux Cévennes… ce n’est pas là bas qu’on courrait après un fugitif ?


Tu te crois tranquille, tu as enfin trouvé un bled paumé, perdu entre deux vallées, tu sirote ton St-Nicolas de Bourgueil tel un Jean Carmet apaisé et soudain tu vois débarquer le GIGN sur ta terrasse…

Partir plus loin alors ? Très très loin ?

Ils nous préparent au pire

En attendant le 19, les médias veulent déjà nous préparer au pire, au risque en 2022 de voir débarquer la fine équipe de la fille de son père.

Quand tu vois les sbires tu t’inquiètes, quand t’observes la prose des supporters sur Twitter, tu te dis que le danger réside bien chez tous ces atrabilaires pétris de ressentiment et qui ne se sentiraient plus de joie pouvant enfin faire exulter toute leur haine. On retrouverait vite l’ambiance du “Dupont la joie” incarné par Jean Carmet…

C’est vrai par ailleurs que Castex et Schiappa bien qu’ils soient les sex-symbol de la macronie ne font pas rêver ou que lorsque tu vois la présidente d’une grande région trouver ses arguments dans les latrines de la pensée pour appeler à la lutte contre les islamo-gauchistes, tu te dis que c’est pas gagné…

En attendant le 19, il ne faut pas se laisser faire par ceux qui te renversent les valeurs à coup de formulations définitives, disqualifiantes et provocatrices.

On sait bien que le Parti de l’Ordre attire les faibles, que les identitaires souffrent souvent d’un réel problème d’identité, que sur Internet les malheureux qui insultent sont le plus souvent bien cachés derrière le masque de leur pseudonyme… il est vrai que la gauche n’a toujours pas fait son aggiornamento et le peut-elle tant qu’elle ne recrutera pas de militants parmi ceux qui n’ont rien ou pas grand chose…

Pour garder les pieds sur terre, je me suis toujours évertué à ne rien posséder, pour m’éviter les réflexes de classe.

En attendant le 19, je le dis et le redis, il faudra bien un jour passer de la société de communication à celle de la coopération. Je finis par croire à la révolution individuelle, la révolution par l’attitude et l’exemplarité personnelle et c’est drôlement difficile dans un climat de violence…

Aller au café le 19 ?

Hé bien alors que j’attendais ça avec impatience, je note en mon âme et conscience toute ma perplexité.

Pas envie de me battre pour attendre une place en terrasse ou un jour devoir dire au septième, “non désolé, tu peux pas venir avec nous !”

Vous imaginez le crève-cœur pour les 7 nains ? Les 6 compagnons et le Club des 5 ont poussé un “ouf” de soulagement. Le clan des 7 chouine. Oui-Oui et ce pervers de Potiron pourront aller boire un coup.

Mais j’ai pas trop envie… ou alors à une heure bien creuse et discrète.

Et puis certains vont voir que j’ai pris dix ans en un an.

Soudain, je pense à ce que ressentent ceux qui sortent de prison, à leur appréhension à retrouver le monde.

En réalité, je crois que ne veux pas donner l’impression d’attendre un signal pour me précipiter comme un consommateur le jour des soldes. Je veux choisir le moment, lorsque j’en aurais envie, un peu comme on apprivoise de nouveau une pratique perdue…

Je ne me souviens pas du dernier jour où je suis allé au café, au cinéma ou au musée…

Le musée, j’ai déjà plus envie, peut-être en journée… aller voir un ou deux tableaux…

Nos séquelles

Dans quelques mois, peut-être chez les jeunes, pas que, si l’amnésie n’a pas pris le dessus ou d’autres drames, nous verrons un peu plus à jour nos séquelles, nos cicatrices de tout cela…

La résilience pour la résilience n’aura pas de sens si nous tentons de refaire “comme avant” sans rien changer de nos priorités, de nos modes de relation, de la place accordée aux valeurs.

Retrouver l’attention

Il va nous falloir retrouver l’attention, la centration, le temps de nous poser un peu.
Que voulons nous individuellement et collectivement ?

Attention à soi, attention aux autres… Faire attention aux autres pour se préserver mais aussi retrouver l’intérêt de la solidarité quotidienne.

Je suis convaincu que la plupart des grands drames que nous vivons relèvent aussi de ce manque d’attention. Il ne s’agit pas de poser des caméras partout mais de savoir être présent à l’autre, se parler.

Prenez l’affaire du type des Cévennes. Il parait qu’il se promenait depuis quelques temps avec un gilet pare-balles. Que s’est-il passé pour qu’il en arrive là sans que personne de son entourage ne vienne lui parler, l’interroger, le repositionner dans la réalité. Il ne s’agit pas de culpabiliser mais à chaque fois ces profils de personnes qui ont dérivé nous montrent des gens qui se sont retrouvés marginalisés, enfermés dans leur logique… à ce titre les technologies nouvelles, le numérique, peuvent être formidables si des liens réels se créent ou dévastateurs si la personne s’enferme dans une bulle de pensée…

En attendant …

Comme lorsque j’étais petit l’actualité nous parle encore de la Palestine et d’Israël. Depuis des décennies nous n’avançons pas.

Il est d’autres lieux dans le monde où des guerres ne bénéficient que de peu d’écho…

Il ne s’agit pas de distribuer des bons points, d’instrumentaliser les uns ou les autres… ça ne mène pas à grand chose qu’augmenter le ressentiment.

La paix est l’absolue nécessité. Rien n’est plus difficile à construire et peut-être, un moment donné, dans un premier temps, faut-il voir quelqu’un s’interposer. Il y faut de la conviction, de l’idéalisme mais aussi se relier au réel des peuples. La paix est le seul chemin possible et c’est vrai que l’on aimerait bien entendre la France capable d’initiative en ce sens…

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