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Cette époque…

l'écriveur

Cette époque…

Quand j’étais petit, l’époque n’était pas si glorieuse. Les tensions entre ceux qui voulaient un autre monde, plus libre, plus humain et ceux qui défendaient l’ordre et l’autorité existaient déjà…
Au café du commerce, accoudés au comptoir, les beaufs éructaient leur racisme puis rentraient chez eux où leur femme avait tout préparé.
Les mômes, peut-être étaient plus libres, plus dehors. Nos amitiés formidables nous laissaient inventer des jeux beaux comme des épopées mais pouvaient être cruels aussi.
Comme dans la Guerre des boutons, un jour on me vola mes chaussures.
A l’école, le cancre restait cancre, sans aide. Mais il partirait plus tard pour devenir l’apprenti de son père.
Nos parents étaient tenus à l’écart de l’école. Si j’ai bien aimé mon dernier maître, le premier fut un personnage détestable, qui tirait les oreilles et n’enseignait pas grand chose.
Mais nous allions dans le Monde emplis d’appétit et d’idéal.
Gamin, je voulais devenir “avocat pacifiste”. Gamin, je détestais déjà la violence, profondément. A huit ans, j’étais une sorte de militant pacifiste. J’avais même avec plus de conviction que d’orgueil écrit au président de la République de l’époque.
Tu penses bien qu’il n’en avait rien à faire…
Ce qui est difficile aujourd’hui c’est que la zizanie a tout contaminé. C’est à peine si les gens se parlent, s’écoutent, font preuve de curiosité vis à vis les uns des autres.
On a un avis sur tout mais on ne cherche pas à comprendre, encore moins à se comprendre.
Petits procureurs on juge et condamne y compris les morts.
Il faut se montrer, obtenir le plus de “like” possible, avoir le dernier mot.
Mais je me dis qu’hier, ce n’était pas si différent.
Ce n’était pas filmé, mais les flics faisaient des descentes au jardin des Tuileries, juste pour aller casser du pédé. Les matraques chantaient.
La censure était là et de grandes voix étaient interdites de radio. Les pères la morale régissaient tout. On louait des maisons “en bon père de famille”.
Il y avait aussi ce sentiment d’oppression que nous ressentions même enfants… et en même temps, ces espaces extraordinaires où des esprits libres rêvaient d’autre chose…
A Santeuil, les amis de ma mère recevaient des intellectuels qui refaisaient le monde, on dormait où l’on voulait dans l’immense moulin. Il y avait une merveilleuse chaleur humaine qui nous traversait tous. Et je vois bien cette belle chaleur traverser encore la jeunesse et toutes celles et ceux qui osent penser autrement… Cela rassure sur des possibles…
Brassens pensait qu’il fallait que les personnes changent pour que s’opère le changement… Ferrat voyait plutôt un changement porté par le collectif.
Une très belle archive montre comment malgré leurs divergences, ils savaient s’écouter… et combien ils le faisaient avec respect…

Je leur cède volontiers la place…


 

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