Le père Noël n’existe pas et c’est tant mieux ! Et c’est pareil en politique !

Petite ou petit, on vous a fait croire que le père Noël existait. Certains trouvent l’idée charmante pour des enfants. Je me demande si hélas cela ne conditionne pas les futurs adultes à croire plus tard n’importe quoi !
Et c’est valable notamment avec l’élection présidentielle.

Maintenant vous savez que ce sont les parents qui achètent les cadeaux…

On vous promettait des cadeaux. Peut-être faisiez vous votre liste…

Aujourd’hui , vous voudriez bien croire les promesses que l’on vous fait. C’est confortable.

Mais rien n’est en réalité gratuit. Que va-ton vous demander en contrepartie ?

Et puis, si le catalogue de promesses, parfois appelé programme, est bien joli sur le papier, il a deux défauts : il n’est pas certain que tout le monde s’entende vraiment sur ce qui est dit et surtout, un programme figé qui n’intègre pas la complexité et l’évolution accélérée du Monde est déjà un programme mort.

Il contient en germe votre déception future.

Ni homme providentiel, ni femme providentielle et heureusement !

« Il n’est pas de sauveur suprême ! » disait la chanson.

Qui peut croire qu’une personne seule en saurait assez pour nous guider, décider et faire le bon choix pour tous ?

Il y en a de plus ou moins compétents, qui s’expriment avec talent… quand on creuse un peu, dès lors qu’on vérifie leur expertise, il y a souvent à redire. Litote.

La classe politique aujourd’hui ne mérite pas qu’on lui crache dessus mais elle est surtout animée par l’ambition personnelle. La plupart des responsables politiques à la tête des grands partis ou mouvements sont issus du même univers. Y compris le « pas encore candidat » d’extrême droite qui a fait sciences-po et dont la conseillère proche est une énarque. Comme les autres.

Une démocratie doit se protéger de toute dérive autocrate. Elle doit parfois se protéger d’elle-même ou en tout cas veiller à ce que des contre-pouvoirs structurés évitent les dérives personnelles.

La difficulté réside dans le fait qu’on risque alors l’immobilisme. Cela suppose donc de l’éthique et un vrai partage du pouvoir.

Si je m’agace souvent de la médiocrité des candidats, de la faiblesse de leurs connaissances, du peu de hauteur de vue dont ils témoignent, je me dis qu’alors les acteurs sociaux, les citoyens… pourraient reprendre la main. Et ce serait une chance !

Accepter l’incertitude , craindre les rigidités

Dans les choix politiques nous ne sommes pas guidés que par la raison. Le « culturel » , les « affinités » personnelles jouent. Nous voudrions un ou une candidate qui nous ressemble pour mieux nous représenter…

Il n’est pas facile de s’affirmer sans s’opposer. Un grand nombre de candidats nous parlent d’identité comme s’ils avaient peur de perdre la leur au contact d’autrui.

Mais depuis la nuit des temps les hommes et les civilisations ont été conduits à se rencontrer, se mêler. Parfois dans le conflit, la violence. Souvent par la richesse des échanges, la créativité, le partage des connaissances scientifiques.

Si l’homme a parfois posé ses valises, il reste nomade.

Le confinement nous a montré à quel point nous sommes attachés à la liberté de mouvement. À quel point nous avons besoin les uns des autres.

Jamais la rigidité des attitudes ou des points de vue n’a permis de trouver des solutions à nos problèmes.

Nous avons fragilisé la question de la vie sur terre, de sa pérennité. La survie de l’espèce humaine n’est n’est pas dans les mains d’un petit groupe, c’est l’affaire de tous.

Les tensions sont réelles. Nous pouvons « laisser faire », sciemment les accroître ce qui se fera toujours au détriment des plus faibles … Nous pouvons choisir la compétition, le combat ou travailler au dialogue, à la coopération…

Consommateurs ou citoyens ?

La société de communication reste aujourd’hui au service de la consommation. La question sensible, passe par la définition de nos besoins.

Le citoyen se pense déjà dans le groupe. Il régule sa vie à l’aune de l’impact de ses choix propres sur le groupe et en retour lui sur lui même…. Il ose alors aller vers les autres pour des choix collectifs qui auront des conséquences.

L’hôpital public coûte cher. Mais ne pas avoir d’hôpital public de qualité coûte encore plus cher.

La sécurité est une nécessité. Mais ne pas agir sur les causes de l’insécurité va nuire aux libertés de tous. Croire ou laisser croire qu’une solution en apparence simpliste existerait c’est se leurrer d’avance.

Il existe des formes de consensus mous qui s’apparentent à de la procrastination. Le bon sens est souvent une façon de ne pas se poser de questions. Tout changement n’est pas bon mais ne pas changer c’est mourir.

La lucidité c’est accepter l’imperfection sans renoncer à l’action.

L’élection présidentielle n’est qu’un temps

Il faut regretter la proximité des élections législatives avec la présidentielle. Peut-être même faudrait-il que les législatives soient placées avant pour mieux refléter la diversité des points de vue…

Quel que soit le résultat, il y a peu de chances en 2022 que l’on observe un « état de grâce ». Il est à espérer qu’il n’y aura pas de troubles.

Mais il faut aussi désacraliser ce temps.

Il y a pour la fonction de Président des choses à faire évoluer comme la limitation de son pouvoir au profit de l’Assemblée, le mandat unique de six ans… L’opposition devrait désigner un ministre qui siègerait au conseil pour plus de transparence… mais ce qui va compter dans tous les cas, c’est ce que les citoyens feront ou pas sur le terrain.

Car les citoyens ignorent souvent le pouvoir dont ils disposent : celui de se regrouper et d’agir collectivement. En n’oubliant jamais l’interêt de l’action constructive mais en acceptant parfois la nécessité de l’expression revendicative….

Conclusion provisoire…

Tous les candidats ne se valent pas. Ceux qui se posent en « sauveur » sont les pires.

Avant même de voter , je sais que le candidat le plus proche de mes aspirations pourra me décevoir. Le sachant, cela ne veut pas dire que je signerais un chèque en blanc….

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Par Vincent Breton

Après avoir travaillé longtemps dans l'Éducation nationale, Vincent Breton anime le site "L'écriveur" https://vincentbreton.fr et le site Numérilibre https://numérilibre.fr (site de celles et ceux qui s'intéressent au logiciel libre)

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