En Bretagne, j’ai aimé vivre au bord de la ria. Le jardin était ouvert directement sur cet espace qui sentait la marée. Par hasard, hier, j’ai retrouvé un texte que je chantais. Je glisse le texte accompagné de la chanson.
Le texte
C'est un jardin ouvert sur le fleuve des oiseaux
Deux chevreuils ont passé, frémissant des naseaux
Au bord de la ria, poussent les salicornes
Là, de furtives couleuvres ont glissé près de l'eau
Le lucarne cerf-volant dresse déjà ses cornes
Le cri du coq faisan grince, il fait le beau
Les barbastelles se sont cachées sous la gouttière
Les hirondelles surveillent la tuile faîtière
Timide muscardin s'échappe devant la chatte
Les insectes sous les feuilles travaillent sans hâte
Sous le calme apparent du jardin bucolique
Mille mondes vibrent secrets et fantastiques
Mille mondes vivre ici et le monde des hommes
Veut écrire son histoire, des machines énormes
Lèvent de la poussière et le char de la guerre
Traverse tout et sourd, assassine et prospère
Le chien cherche la main, me tire des pensées noires
Il reste des humains à tendresse notoire
Qui écoutent les bêtes et entendent les cœurs
des enfants palpitants et rieurs et joueurs
Il reste des humains protégés des colères
Il reste des humains qui pensent à leur mère
C'est un jardin ouvert au bord de la ria
Rarement solitaire, on y apprend la joie
Douce et mélancolique d'un monde qui s'enfuit
Et qui vous dit, alors c'était donc ça la vie !
L’audio
Une nouvelle habitude s’est installée le soir, ici après le repas, qui consiste à chanter. C’est le moment où je reprends des textes parfois oubliés depuis des années. Cette chanson doit dater de 2016 et a donc été écrite au moment où je vivais au bord de la ria dans le Morbihan.

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