3 hommes et un débat.

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Election
"Hand voting drawing, election vintage"/ CC0 1.0

J’avoue : j’ai regardé TF1. Cela ne m’était pas arrivé depuis un bail. Je savais déjà pour qui je voterai dimanche. Mais il y avait ce débat. Je n’aime guère le spectacle ou la compétition mais je me disais qu’il était peut-être intéressant d’observer par moi-même plutôt que de me contenter des citations ou commentaires…

Posture et psychologie

Placement dit-on tiré au sort. Le premier ministre (appelé ostensiblement ainsi par l’un des journalistes) entouré de ses opposants, à gauche Bardella et à droite Bompart moins présent dans les médias que les deux autres… qui se démarquait avec sa cravate rouge.

Bardella tendu, raide comme un piquet. Le plus jeune est le moins souple.
Attal, se voulant mordant et agressif.
Bompart paraissait le plus mur du groupe et finalement plutôt calme avec des chiffres. Très appuyé sur ses fiches, a manqué à la fin de pouvoir saisir la caméra dans les yeux.

Sur les projets

Se croyant dans une négociation, Attal est venu avec des mesurettes comme des cadeaux ou des pansements sans vision d’ensemble. Il se veut le plus raisonnable mais ne fait que courir derrière l’extrême droite en matière de sécurité notamment. Il reste dans la doxa économique en vigueur. On a du mal à retrouver le socialiste qu’il fut avant… s’il l’a jamais été. Aucune évocation de son gouvernement, de son équipe… pas l’once d’une autocritique…

Bardella veut incarner le parti de l’Ordre. Rien de neuf sous le soleil que quelques errements sur l’économie, sa vision de la réforme de la retraite – comment faire pire en prétendant faire mieux -, il ne faut pas gratter longtemps pour retrouver son aversion de « l’étranger »… Sa façon d’orienter le soupçon sur les binationaux puis de tenter de s’échapper du sujet avec maladresse… Ce qui était intéressant c’était les visages choisis derrière lui… préfiguration d’un futur gouvernement ? On imagine déjà Bardella perdu face aux missions et au stress permanent de Matignon. Il n’est qu’image.

Bompart était venu avec des références explicites, des chiffres… il a gommé de son discours tout ce qui pourrait effrayer. En ce sens, il montre un projet construit et l’ombre de Mélenchon n’a pas pesé sur son intervention. Capable à la fois d’exprimer sa singularité, de se situer par rapport au collectif et de montrer que le pouvoir serait donné au parlement…

Je sais bien que chaque candidat (on aurait dit un débat présidentiel) ne pouvait renverser la table et convaincre vraiment au delà de son camp… Les militants des uns et des autres seront sortis convaincus que leur candidat est le meilleur. L’un était dans l’admonestation, promettant l’ordre, l’autre se présentait en gestionnaire offrant des miettes sans réformer l’approche en cours et Bompart a su démontrer qu’il s’agissait d’un programme de gauche et non d’extrême gauche… et un certain sérieux que personne ne saurait dénier…

Les journalistes

Un homme une femme. Devinez qui a pris les commandes du débat ? On est sur TF1… on voit la tentation forte de vouloir distribuer des bons points, de distinguer le premier ministre en l’appelant par son titre… Le tempo tellement soutenu des questions ne permettait évidement pas de creuser les réponses…

Il reste tout de même une problématique relative au pluralisme des journalistes dans la presse radio-télé. Ils ont une responsabilité énorme dans leur façon mettre en avant certains faits tout en négligeant d’autres… L’extrême droite veut privatiser le service public. Ce qui en dit long sur sa conception…

Où sont les femmes ?

J’ai cru comprendre qu’il y aura un nouveau débat sur France 2… avec encore seulement des hommes. C’est tout de même problématique…

Vincent Breton

Par Vincent Breton

Vincent Breton auteur ou écriveur de ce blogue, a exercé différentes fonctions au sein de l'école publique française. Il publie également de la fiction, de la poésie ou partage même des chansons !

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