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23 maisons

l'écriveur

23 maisons

Vingt et trois maisons
Où je vécus nomade
Buvant à leur haleine
M’étendant en leur jardin
De toutes ces maisons
Aucune ne fut mienne
Comme autant de nourrices
Je vins boire à leur sein

Les secrets de famille
L’esprit des trépassés
J’ai respiré tranquille
Les traces du passé
Autrefois, il y avait, ici un ancien cadre
Et ce meuble, tu vois, tout au fond du grenier
Cachait un vieux secret, les lettres d’une dame
A son amant parti piètre chevalier

Sur les planchers marqués j’ai lu la maladie
Du vieillard négligé qu’on poussa vers l’hospice
Des enfants ont joué dans la chambre interdite
Laissant des signes au mur, étranges cicatrices
Dans la cave peut-être quelque marque de sang
Une cruche brisée, une bouteille vide
Cette poussière mêlée de salpêtre et pourtant
Une douceur tout à la fois acre et acide

Vingt et trois maisons
Quelques appartements
Où je vivais discret, locataire, amant
Déposant mes cartons, installant tous mes livres
Vingt et trois maisons, chacune a son roman


Ne rien posséder, jamais propriétaire
Conserver en soi l’album à souvenirs
Il y eut aussi dans ces maisons pour vivre
De la joie, des rires, et tant d’amours libres
Il y eut encore, une fois les volets clos

Des élans, des tendresses, de tendres mots
De grandes tablées, des chansons, bon fricot
Du feu du bon vin coulant alors à flot
Vingt et trois maisons
Si j’ai bien compté
Où j’ai habité, depuis que je suis né

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