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Cette année là…ou aimez et amusez-vous !

l'écriveur

Cette année là…ou aimez et amusez-vous !

Chaque année je reçois d’Amérique une page écrite en caractères serrés où se raconte pour nous tous, ceux de la famille restés sur le vieux continent, ce que “la branche américaine” de la tribu a pu vivre. Ils restent beaux d’optimisme même si je les vois plus que jamais sensibles à l’injustice et blessés par l’épisode Trump.

Ainsi je révise un peu la langue…

Que saurais-je écrire ce soir et pour ce qui me concerne de cette année étrange ?

J’ai cédé l’autre jour à une sorte de colère désabusée.

Chacun s’accordera sur ce qu’elle fut horrible et difficile cette année … et comme elle n’est pas terminée chacun redoute le drame suivant dans une litanie mortifère , spirale destructrice…

Jusqu’ici je pensais surtout en années scolaires. Mais peu à peu le tempo change. Le cerveau est si bien conditionné que je n’ai pas besoin de réveil pour être debout à 6 heures…
Je commence tout juste à ne pas trouver “anormal” d’être libre “aux heures de bureau” (si tant est en réalité que je n’ai jamais vraiment eu d’heures de bureau et que la vie privée en fut quelque peu écornée…).

Entre septembre 2019 et aujourd’hui, j’aurais connu tant de changements.
La vie est faite de cycles, de promesses, de rencontres, de séparations.
On y rajoutera épidémie et confinements. Mine de rien j’ai résisté.

Parfois, il faut se séparer pour mieux se retrouver. Se séparer d’objets, de personnes et puis certaines personnes s’en vont pour toujours et il nous faut occuper l’espace et réinventer des habitudes.

Ici c’est la vingt-quatrième maison où j’aurais vécu et je pense déjà à la vingt-cinquième.

Je ne vous raconterai pas les histoires de cœur, ou comment détruisant un journal intime laissé en héritage j’ai pu me libérer de la tentation de relire indiscrètement des pages me concernant. On se brûle aux secrets de famille. Mais le bonheur de se séparer de nombreux objets, de jeter des brouillons, des textes idiots – il en reste encore ! – … cela libère … notamment du risque qu’à ma mort des lecteurs indiscrets ne viennent à se gausser. Alléger c’est bon ! J’ai encore du mal à me séparer des livres…. Peut-être saurais-je le faire avant de partir dans l’ultime cabane de mes vieux jours ?

On sait qui l’on admire, qui l’on aime , à qui on peut pardonner, parfois on ne pardonne pas parce que c’est impossible. Il faut juste ne pas s’interdire d’être celui que l’on veut être. Librement.

Se détacher. Je me suis demandé même si je ne gagnerais pas à prendre un pseudonyme…

Ni honte, ni orgueil. Marcher devant. Sans se retourner tout en gardant le lien avec celles et ceux qui vous sont chers et ont su vous accompagner au long de l’aventure.

Et ne pas se refuser à la joie des nouveaux visages qui prennent maintenant place et qui sont comme autant de nouveaux continents que l’on découvre… et ce n’est jamais pareil.

Parmi les séparations de l’année, j’ai divorcé d’une institution plus que d’un métier. J’ai compris un peu plus tard que j’avais été victime de “burn out” mais surtout que je m’étais trouvé pris au piège entre des valeurs éthiques que j’ai toujours tenté d’incarner et l’insupportable dérive d’un ministère des promesses et des mensonges qu’il ne m’était plus possible de cautionner. Si je n’avais pu partir en anticipant la retraite même avec une décote, j’aurais rendu mon tablier. Quand j’ai tenté de m’en expliquer maladroitement, je me suis retrouvé avec un “buzz” imprévu et des attaques personnelles d’une rare violence qui disent juste à quel point aujourd’hui les gens s’énervent vite sans chercher vraiment à comprendre au fond. Monde clivé et de défiance.

Aujourd’hui je me dis que c’est une chance. J’ai fait ce que j’ai pu, en empêchant le moins possible autrui et jamais animé par une quelconque ambition personnelle ; j’aurais pu poursuivre un peu, garder le lien, transmettre… Il y a quelques “trucs et ficelles” et idées que je ne partagerai plus…. il faut en faire le deuil mais se dire aussi que l’on ne vit qu’une fois et malgré la fatigue qui est encore là, j’ai encore des choses à essayer dans d’autres domaines avant de rendre définitivement mon tablier.

Je veux aimer et m’amuser.

Il y aura toujours des indignations mais pas de guerres. Pas de compromissions, pas de fêtes obligées et si je respecte les lois et règlements, j’ai passé l’âge des cérémonies et des conventions.

J’ai des projets mais je ne veux pas qu’ils me commandent. La réussite qui compte à mes yeux, c’est d’être en accord avec moi même et présent si je peux auprès de ceux qui comptent ou pourraient avoir besoin de moi.

Inventer des chansons est une chose, les partager auprès des amis puis sur Internet une autre, les donner un jour à écouter en direct pourrait être amusant … nous verrons.
Il y a des écrits aussi dont nous verrons (j’aime ce “nous” de majesté) s’ils méritent d’être partagés. Je n’écris pas du tout pour être écrivain mais simplement parce que lire et écrire sont des choses que je fais depuis petit et qui font partie de mes fonctions vitales.

Mais vous voyez, plus que vous parler de moi, jeune ou vieux, ce que je voudrais partager c’est juste ça : “aimez et amusez vous ! “

Je crois même que ce sont mes vœux pour 2021!

Une réponse

  1. Sergent Micheline dit :

    Cher Collègue,

    Je partage l’insupportable dilemme.

    Obstinée, j’ai tenu tête, jusqu’au bout, de 47 années d’Education Nationale et 50 années de travail à temps plein.

    Le “rififi de l’honnêteté” se paie rubis sur l’ongle, surtout au féminin. J’en ai payé un prix exorbitant de 2012 à 2019.
    Je remercie toutes celles et ceux qui me témoignaient leur soutien, même dans l’ombre.

    Il y aura un effet culbuto, les élèves le méritent.

    Bien cordialement,

    Une collègue.

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