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La sale 20…

l'écriveur

La sale 20…

Qu’on la valdingue, la balance, la jette aux orties, la brûle, l’évacue, la projette, l’expulse, qu’on “l’éparpille par petits bouts façon puzzle”, qu’on l’étripe, la déchiquette, qu’on l’expatrie, la conspue, l’éjecte, la chasse et lui crache dessus cette saleté de numéro 20, une bien pesteuse, une saloperie qui pue le pire de toutes ses pores ! …

Mais j’ai déjà pas envie de faire la fête officielle habituellement, alors là je vous préviens, sans moi. Je guincherai pas masqué même à six !
Hors de question d’aller caresser ce répugnant père Noël dans le sens de la barbe postiche et qu’on vienne pas chipoter à propos du 31 sur lequel on ne se mettra pas…
J’ai pas d’ancêtre à dézinguer dont je tirerais quelque profit à lui souffler dans les bronches mon virus bien réactivé, donc le réveillon, ce sera tisane et bon roman et hop ! sous l’édredon…

L’année fut moche.
Moche de terroristes, moche de cette épidémie à la con, moche de ces accusations outrancières sur mon ami le pangolin injustement mis en cause, mais elle fut bien laide surtout du pire qu’elle révéla de nous.
Les macronards aficionados de leur vieil ado c’était une chose dont on avait pu déjà pu mesurer l’ampleur, les fâcheux fachos serviles ce ne fut pas une surprise, mais la clique complotiste, le club des experts, les matraqueurs de la milice royale, les imbéciles médiatiques ou anonymes, les qui savent tout mais qui font rien… ils nous ont bien chauffé. On a tous bien appris à se détester cette année. Grandiose !

On a un peu applaudi les soignants au début. Puis on s’est lassés. On a mis notre masque mais on s’est entassés à la première occasion, on a prétendu que plus rien ne serait comme avant mais on s’est jetés sur les rayons jouets pour en rajouter dans le produit vulgaire Made in China avec lequel le rejeton pas reconnaissant se défoulera un soir ou deux.

On a oublié le cadeau à la maîtresse et Tante Agathe ne sera pas invitée cette année. Tu comprends avec les parents, nous étions déjà six. Crève toute seule dans ton EHPAD qui nous coûte une fortune…. et en plus ils vont la vacciner en premier, on en a encore pour deux ou trois ans.

Oui, cette année a révélé le pire de nous !

Même les cultureux qui d’habitude ne se soucient guère que le bas peuple ne puisse aller au spectacle, sont venus chouiner de l’exception française, se prenant pas pour des crottes alors que faut quand même se l’avouer, le théâtre n’est plus folichon entre des vieilles stars sourdes qui surjouent et s’imitent et des jeunes comédiens mal nourris qui ne savent même plus qui furent Jean Vilar ou Samuel Beckett. La Culture est morte avant la COVID et avoir choisi sa ministre parmi les “Grosses Têtes” de RTL est tout un symbole. C’est pourtant vrai.

Et je suis auto-couronné de suffisance, Roi des atrabilaires !

Et je vous passe tous ces romans qui me tombent des mains. Je reprends Zola et Dickens.

Souhaitant égayer nos soirées, notre président presque bien aimé, a pensé nous trouver une sorte d’héritier de Louis de Funès, en moins bon, faut un peu travailler les mimiques, mais la gestuelle, déjà très au point…
“On est tombés bien bas, bien bas…” chantait Georges Brassens.

Et nous n’avons pas fini de nous conspuer, de nous mettre dessus, de nous médire et maudire mutuellement. Bien que la philosophe nous dise que c’est pas joli d’avoir du ressentiment et que la ligue des optimistes bêle son enthousiasme, nous avons quand même quelque difficulté à regarder l’avenir avec joie et confiance.

Heureusement, comme le rappela le porte-parole du gouvernement (lequel tient plus du gentilhomme porte-coton qu’autre chose), il y a des “plateformes d’aide” pour ceux qui ont des difficultés psychologiques !

Ah ! Ah ! si j’avais du temps à perdre, j’appellerais bien, mais je ne voudrais pas être le responsable du suicide d’une opératrice !

Tiens je crois que pour me détendre, je vais relire Cioran et Desproges. Ils me mettent toujours en joie. Ou Topor.

Bref, elle fut bien nulle n’est-ce pas ?
Et à ce point, c’est une réussite.
Une belle réussite collective !
Merci à chacune et chacun pour votre contribution à cette belle année de merde.

Bon je rigole, il y eut de belles étreintes, de la solidarité, des chansons, des câlins sans masque et de la joie aussi …

Et de la tristesse. Nous piquer Anne Sylvestre, c’était assez bas madame la Grande Faucheuse.

Mais j’ai toujours adoré vider les poubelles, y compris celle de l’Histoire !

On passe à autre chose maintenant camarades ? !

Adelante !

No pasaran !

Une réponse

  1. Ascoet dit :

    Quelle envolée ! Merci ! En effet.. un roman mais sans tisane. J’opterai sûrement pour un verre de vin.

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